Machines à Voter, l'OSCE met en cause la procédure d'agrément après l'action judiciaire intentée à Vaucresson.
Vaucresson doit renoncer à l’utilisation des machines NEDAP ESF1 lors des scrutins de 2008.
Le rapport de l’OSCE/ODIHR (Organization for Security and Co-operation in Europe/ Office for Democratic Institutions and Human Rights) concernant l’élection présidentielle en France en 2007, fait une très large place au bilan critique de l’utilisation de machines à voter.
Sa conclusion est sans appel : « la transparence des systèmes de vote électronique devrait être améliorée afin de renforcer la confiance des citoyens. Il s’agit plus particulièrement d’améliorer la transparence des procédures d’agrément des machines et de leur audit et introduire un système de traçabilité-papier permettant à l’électeur de vérifier que son vote a bien été enregistré par la machine. » (pages 1 et 2)
Cette conclusion rejoint la position que nous avions exprimée lors du débat sur l’introduction à Vaucresson de machines NEDAP : les machines utilisées actuellement ne sont pas acceptables car elles privent le citoyen du contrôle de la sincérité du scrutin.
Le vote électronique pourra être un progrès technique compatible avec
la République
quand il ne sera plus une régression démocratique.
Afin d’alerter la justice sur le problème, Géraldine Carayol avait introduit en avril 2007 un recours en référé-liberté auprès du Tribunal Administratif de Versailles. Ce recours a été rejeté mais il a permis d’éclairer les conditions d’agrément jusqu’alors opaques, et montré que les machines NEDAP utilisées à Vaucresson –et dans de nombreuses autres communes, en particulier dans les Hauts de Seine- ne satisfaisaient pas la totalité des conditions d’agrément. L’arrêt du Tribunal Administratif de Versailles sur l’affaire Carayol contre Vaucresson est cité dans le rapport de l’OSCE, ce qui montre l’intérêt de l’action.
Après la suppression de l’agrément des machines NEDAP aux Pays-Bas, et les conclusions du rapport du Sénat, nous devons à notre tour tirer la conclusion qui s’impose après ces tests édifiants :
la France
doit renoncer au vote électronique tel qu’il est aujourd’hui pratiqué.
Dans l’immédiat, nous demandons à la ville de Vaucresson de renoncer à l’utilisation des machines NEDAP ESF1 lors des scrutins de 2008.
Le risque d’altération du résultat du scrutin est d’autant plus important que la part de bureaux de votes utilisant l’électronique est grande. Lors de l’élection présidentielle, 3% des bureaux de vote étaient concernés, donc la marge d’erreur ne remet pas en cause l’élection de Nicolas Sarkozy. Dans le cas de scrutins locaux comme les municipales et les cantonales, l’impact d’une erreur aurait des conséquences graves.
Références :
Tout l’historique du référé-liberté de Géraldine Carayol contre la ville de Vaucresson : http://vaucresson.over-blog.net/0-categorie-1233994.html
Extrait du rapport de l’OSCE, page 11 :
« Cependant, à la suite d’une plainte déposée à Vaucresson et dans le cadre d’une procédure
judiciaire, le ministère de l’Intérieur a rendu public une partie du rapport d’évaluation du
Bureau Veritas sur la machine NEDAP. Cet extrait contenait une évaluation de la machine
NEDAP sur une partie des 114 critères et concluait que la machine NEDAP n’était pas
totalement conforme à quelques critères requis, mais que les divergences restaient mineures. »
Rapport complet de l’OSCE:
http://www.osce.org/documents/odihr/2007/10/27066_fr.pdf
Rapport du Sénat (http://www.senat.fr/lc/lc176/lc176.pdf),